Leaders Pour la Paix

Le Mot des leaders

Marine DUPONT

Élisabeth DECREY

E

RAPPORT 2020 DES LEADERS POUR LA PAIX

 

Commentaires de Madame Elisabeth DECREY

Fondatrice de l’Appel de Genève / Geneva Call. Chercheuse associée au Centre de Politique de Sécurité, Ancienne Présidente du Parlement de la République et Canton de Genève – Suisse

 

 

  1. Droits de l’Homme.

Le rapport insiste sur le manque d’anticipation et la nécessité de la prévention des conflits, et donne plusieurs pistes pertinentes. Il me semble que l’une d’elle devrait être davantage mise en avant, le respect des Droits de l’Homme.

La source de la plupart des conflits d’aujourd’hui (en tous les cas à leurs débuts, car ultérieurement d’autres acteurs et/ou gouvernements s’invitent dans le conflit pour profiter de renforcer leurs pouvoirs et influences), la cause principale, c’est le non-­‐ respect des Droits de l’Homme. (Colombie, droits des paysans bafoués = naissance de la guérilla colombienne, Myanmar, droits de minorités bafoués = naissance de nombreux conflits ethniques, Syrie, droits à la liberté d’expression bafoués = naissance de la Free Syrian Army. Et la liste pourrait être longue.)

Il est rare de voir des gens prendre les armes lorsqu’ils se sentent entendus et leurs droits fondamentaux respectés.

 

  1. Lutte contre l’impunité

Pierre Vimont insiste de manière très pertinente sur la nécessité de trouver de nouvelles méthodes pour faire avancer les efforts de paix.

Il faut prendre conscience que la paix ne peut se construire sur des atrocités. Or aujourd’hui les violations du Droit International Humanitaire sont devenues tellement fréquentes qu’elles en deviennent banales pour la communauté internationale (les bombardements d’hôpitaux ou d’écoles ne sont même plus rapportés dans la presse). Et l’impunité règne en maître. Or impunité signifie toujours davantage de violations et de violences, et donc des processus de paix rendus extrêmement difficiles.

La communauté internationale doit impérativement trouver les moyens de faire revivre un système de monitoring et de sanctions crédible et efficace, préalable indispensable à la paix.

 

  1. Rôle renforcé de l’Assemblée Générale des Nations Unies

Le Conseil de Sécurité a perdu sa vraie raison d’être, et pour l’heure il faillit en grande partie à sa mission. Face à ce constat l’Assemblée Générale des Nations Unies devrait reprendre davantage de responsabilités et adopter certaines résolutions que le Conseil de Sécurité est incapable de débloquer. On peut toujours espérer – une fois peut-­‐être

 

dans le futur – une réforme du Conseil de Sécurité…. Mais dans cette attente, renforcer le rôle de l’Assemblée Générale serait une vraie possibilité de relancer le multilatéralisme. Elle doit – et elle peut – le faire.

 

  1. Un multilatéralisme des villes

Dans le document, sous « relance de la négociation multilatérale », (pt 2 p. 24) il me semble que promouvoir un multilatéralisme des villes pourrait être un processus également intéressant. Des dialogues entre des villes autour des leurs problématiques, plus locales, plus simples, plus concrètes, pourraient favoriser l’émergence d’idées nouvelles et communes, un multilatéralisme au niveau des villes. Puis ces processus pourraient remonter au niveau d’un multilatéralisme d’états. (à noter la tenue du «Forum des maires» en octobre 2020 à Genève)

 

  1. Renommer le multilatéralisme (complémentaire au point 4)

Au plan international, il ne serait probablement pas très efficace d’essayer de convaincre des chefs d’Etats et des membres de gouvernements de mettre le multilatéralisme comme priorité de leur politique nationale. Chefs d’Etats et gouvernements sont élus par le peuple qui est habité par la peur de crises futures, la perte de confiance dans la politique internationale, et le protectionnisme. Les leaders cherchant la plupart du temps à être élus et/ou ré-­‐élus, ils répondront – à des fins électorales -­‐ aux souhaits de la population : le protectionnisme et le nationalisme.

Il faut donc impérativement en premier lieu s’adresser à la population, afin de lui expliquer que le multilatéralisme est la seule voie possible, car c’est au final un projet « gagnant-­‐gagnant » (win-­‐win). Mais à l’heure actuelle le mot « multilatéralisme » provoque des réactions négatives, c’est un mot mal vu, qui fait peur et qui repousse. Peut-­‐être faudrait-­‐il renommer le multilatéralisme ? Il y a 100 ans, à la naissance de la Société des Nations, la communauté internationale a inventé le mot « multilatéralisme ». Ne serait-­‐ce pas l’occasion aujourd’hui, pour le re-­‐vivifier, de lui donner un nouveau nom ? Et lancer une grande campagne mondiale, originale, via les réseaux sociaux, les médias, des « blogs », des slogans, la diffusion d’actions et exemples concrets, etc. pour lancer ce nouveau nom et expliquer les aspects positifs des principes du multilatéralisme. Les réseaux de jeunes et de femmes pourraient jouer un rôle essentiel dans cette campagne mondiale.

 

  1. Conseil de paix et sécurité de l’Union Européenne

L’idée évoquée de créer un conseil de sécurité européen, régional, à l’image de l’Union Africaine est une proposition intéressante. On pourrait l’appeler Conseil de paix et sécurité européen… C’est le nom qu’a retenu l’Union Africaine pour son conseil, et ce sont ces termes qui sont le plus souvent utilisés internationalement. (Seul le Conseil de Sécurité des Nations Unies ne mentionne pas le mot « paix ». Et c’est regrettable…)

 

  1. Implication de la société civile et formation

Quant à la nécessité d’inclure la société civile mentionnée dans le rapport, je remercie Pierre Vimont de cette approche. Je crois sincèrement que c’est vraiment essentiel aujourd’hui. Rien ne se fera sans l’adhésion de la population. Mais pour cela elle doit pouvoir bénéficier d’une bonne information, libre et respectueuse d’avis divergents.

 

En outre les jeunes doivent recevoir des formations adéquates leur permettant d’exercer ensuite une activité professionnelle, rémunérée. La pauvreté et le chômage créent chez les jeunes désespoir et révolte, et ce sont ces mêmes jeunes qui iront ensuite rejoindre des groupes violents et extrémistes. Ils n’ont plus rien à perdre. (Un dicton souligne d’ailleurs qu’« un soldat n’a jamais faim ». Le choix peut être vite fait pour ces jeunes.)

 

  1. Lutte contre la corruption

Sur un plan plus général, il me semble également que la corruption devrait être davantage dénoncée dans ce rapport. C’est une gangrène pour le multilatéralisme. Celui-­‐ ci ne pourra se développer avec des Etats dont les dirigeants sont corrompus, détournent des biens communs à leur profit, etc. Le multilatéralisme doit développer un objectif mondial commun : le bien-­‐être des populations et celui-­‐ci est réduit à néant par la corruption.

 

  1. Afrique

Enfin mettre la priorité sur l’Afrique est aujourd’hui une approche judicieuse et nécessaire pour anticiper un déséquilibre qui pourrait s’accroître gravement ces prochaines années.

Marine DUPONT

Kamal KHARRAZI

RAPPORT 2020 LEADERS POUR LA PAIX

Commentaires de Monsieur Kamal KHARRAZI

Ancien Ministre des Affaires étrangères d'Iran, Président du Conseil stratégique des relations étrangères de la République islamique d'Iran – République islamique d’Iran

 

I agree that multilateralism is in dire need of a review and that health crises, especially the coronavirus pandemic, provide a good opportunity for establishing a new system of multilateralism through fostering collective cooperation amongst the international community and identifying the weaknesses of the present global order, with the objective of playing a more effective role in reducing and resolving international crises.  

Attention to Africa, I believe, is of great significance for removing obstacles, compensating shortages, and resolving crises and conflicts in the continent.

I hope that the Leaders for Peace Foundation could play a more effective role in alleviating the pains and improving the welfare of the African nations as well as contributing to the sustainable development of Africa.

I would like to add that the “International Institute of Muslim Physicians”, headquartered in Iran, is prepared to send doctors to African countries to help them combat the coronavirus outbreak.  

I agree with you that other nations should not remain at ease when African countries are suffering from poverty and destitution which have their roots in Colonialism and continue to affect them in the post-Colonial era. Saadi, the famous Iranian poet of the thirteenth century, also closely known to the French people, has beautifully composed a poem which reads:  

Human beings are members of a whole,

In creation of one essence and soul.

If one member is afflicted with pain,

Other members uneasy will remain.

If you have no sympathy for human pain,

The name of human you cannot retain.

Marine DUPONT

Péter MEDGYESSY

Entre

RAPPORT 2020 LEADERS POUR LA PAIX

 

Commentaires de Monsieur Peter MEDGYESSY

Ancien Premier Ministre de Hongrie – Hongrie

 

 

 

  1. Je suis d’accord que le plus grand danger qui menace le multilatéralisme vient de la part des Etats-Unis. Les politiciens américains sentent leur hégémonie globale en danger, ils veulent donc faire obstacle a la transformation des rapports de forces. C’est une mauvaise nouvelle qu’il faut se préparer a un conflit prolongé entre les Etats-Unis et la Chine et une rivalité continue entre ses deux pays. Il faut remarquer que, si un président démocrate était élu en 2021, ce grave conflit d’intéret persisterait toujours,  meme si sous une forme plus civilisée et plus ouverte au compromis. L’essentiel ne va donc pas changer. Ainsi, a l’avenir, notre fondation doit essayer de représenter et atteindre ses objectifs nobles sous ces circonstances.

 

  1. Dans mon intervention, je ne veux pas appliquer l’approche traditionnelle pour évaluer la situation politique globale, je préfere plutot attirer l’attention sur un aspect spécial.

 

Monsieur le Président Jean-Pierre Raffarin a sans doute raison lorsqu’il dit que la caractéristique principale de la crise et du danger actuels c’est que le monde entier en est affecté.  Il faut accorder une attention spéciale a l’aspect suivant:  quels sont les domaines ou l’épidémie a causé les plus grands dégats? Il est évident que la pandémie a causé de grands problemes dans la santé de la population et les conséquences économiques et sociales ne sont pas moins graves. Mais – tot ou tard - tout cela pourra etre corrigé. Cependant, ce qui exige une plus longue période de temps, c’est de compenser les effets que la pandémie a exercé sur l’esprit des gens, de remonter leur moral, de réparer les dommages mentaux. Les gens ont perdu leur sentiment de sécurité, leur optimisme, leur espoir dans une bonne perspective. La mission de notre fondation est de proposer une solution a ces problemes.

 

  1. Les membres de Leaders pour la Paix, lors de nos entretiens et nos actions, nous avons toujours affirmé l’importance primordiale
    • du dialogue
    • de l’échange ouvert de vues, des discussions,
    • de la formation, l’éducation et l’enseignement.

 

Notre but principal reste toujours de propager du rationalisme, avoir une approche tournée vers l’avenir et cultiver l’optimisme et l’espoir. Il faut dissiper l’incertitude et renforcer l’entente et le respect mutuels dans les différentes relations (entre individus, pays, régions ou groupes ethniques).

 

 

Marine DUPONT

Maria VAN DER HOEVEN

Entr

RAPPORT 2020 LEADERS POUR LA PAIX

 

Commentaires de Madame Maria VAN DER HOEVEN

Ancienne Ministre des Affaires Economiques des Pays-Bas, membre de la Commission de l’Économie et du Climat – Pays-Bas

 

 

Les deux parties du rapport 2020 sur l’état du multilatéralisme d’aujourd’hui et sur l’Afrique donnent une excellente analyse de la situation actuelle et des pistes d’action envisagées.

La crise du Covid-19 met l’accent sur l’importance d’une approche multilatérale. Il est évident que les mesures unilatérales ne conduisent pas à de bonnes solutions durables.

 

Une crise qui est un exemple d’un monde de plus en plus peuplé, mais également une crise qui révèle l’échec de notre empreinte actuelle sur l’action unilatérale.

 

Évidemment l’approche de la crise du Covid-19 est l‘urgence d’aujourd’hui. Néanmoins il faut réfléchir le scénario de développement post-pandémique. Un scénario tourné vers le développement durable, car il ne faut pas oublier qu’il y a une autre crise majeure : le climat. Une crise mondiale qui touche déjà maintenant les pays africains. Ces pays, en particulier ceux de l’Afrique sub-saharienne qui manquent d’accès à l’énergie et à la caléfaction propres comme démontré par l’organisation SE4ALL.

Une crise mondiale qui exige une coopération multilatérale réelle parce que le climat ne tient pas compte des frontières.

 

Sans le mentionner, le rapport contient plusieurs références justes, mais malheureusement négatives, aux pratiques unilatérales américaines. Un fait qui se pose dans la politique américaine entière.

 

Je suis entièrement en accord avec la nécessité de redéfinir la grammaire multilatérale, basée sur des valeurs communes, aboutissant à des règles et procédures généralement prises en charges. Et il est vrai que certaines de nos organisations multilatérales ne fonctionnent plus comme prévues à l’origine. Elles sont politisées, c’est à dire que plus d’une d’entre elles fait partie des discussions géopolitiques.

 

L’étude de leur fonction et de leurs protocoles est nécessaire pour pouvoir les changer et les mettre à jour.

Mais, comment le faire? Où commencer ? Qui se charge d’en assurer la responsabilité ?

 

Je ne m’attends pas à ce que cette redéfinition provienne uniquement des organisations elles-mêmes : il y a trop d’intérêts acquis. Et n’oubliez pas : une organisation multilatérale est aussi puissante que les États membres le souhaitent !

Toutefois tous les efforts de « Leaders pour la Paix « vis-à-vis des Nations Unies et d’autres organisations multilatérales seront utiles. Une vision réformatrice est nécessaire pour leur actualisation.

 

Selon moi il faut en même temps commencer un mouvement de l’extérieur, en utilisant les médias sociaux ; en impliquant des nouvelles parties prenantes.

Autrement dit : en a besoin de la participation active des citoyens, spécifiquement des femmes et des jeunes.

 

 

J’aimerais ajouter un petit commentaire sur le chapitre sur l’Afrique.

 

D’abord je voudrais soutenir la suggestion dans le rapport concernant l’exploration des travaux de GAVI, (vaccine alliance) qui soutient les recherches et l’accès universel au futur vaccin contre Covid-19.

GAVI reçoit des dons (donations) de maints pays européens et d’autres, ainsi que des fondations comme la Fondation Bill & Melissa Gates.

 

 

Ensuite, je reconnais les problèmes structurels comme la gouvernance et le retour de la paix, tout comme la nécessité de parler avec l’Afrique au lieu d’en parler. Pas de nouveau colonialisme !

Cependant, dans ce chapitre deux points importants me manquent :

  • le premier concerne l’origine souvent religieuse et ethnique de nombreux conflits.
  • le deuxième concerne l’influence et le pouvoir croissants de la Chine en Afrique, qui, malheureusement, ne conduisent pas en grande partie au développement durable de l’économie et de la prospérité. Une confrontation entre la Chine et les États-Unis, engendrait une nouvelle guerre froide, qui pourrait se développer dans une guerre de proxy en Afrique.

Les deux sont également des réalités africaines.

Marine DUPONT

Antonio de AGUIAR PATRIOTA

 

RAPPORT 2020 LEADERS POUR LA PAIX

 

Commentaires de Monsieur Antonio PATRIOTA

Ambassadeur du Brésil en Egypte, ancien Ministre des Affaires étrangères du Brésil – Brésil

 

Multilateralism   

1     How can we respond to the global health, economic and social crisis brought about by the coronavirus pandemic and use it as an opportunity to enhance international cooperation, at a time of geopolitical realignments? Is multilateralism as we know it fatally ill? Can it be preserved? What are the reforms that can realistically be envisaged? 

2     It is possible to argue that the pandemic and the challenges posed by global warming  are both vivid contemporary examples of phenomena that cannot be confronted single handed by any state or group of states. 

3     Climate change and the pandemic are already shaping national debates, with electoral implications. By now it has become clear that unilateral, self-centered approaches can be counter-productive. Such a context opens up opportunities for the emergence of political leadership interested in enhanced international cooperation. 

4     As the unipolar moment, marked by US economic and military hegemony, fades away a rising China becomes increasingly influential. We are witnessing a geopolitical transition that  will place China in the number one position as an economic power, while the US retains considerable military advantage. Preventing this key bilateral relationship from generating global disruption is in the interest of the international community as a whole.  In other words, helping to create an environment for cooperation between Beijing and Washington is of global strategic value. 

5     The current health and climate challenges, coupled with an epoch changing geopolitical transition, generate international tensions that expose the shortcomings of the current multilateral arrangements. However, it would be incorrect to imply that unilateral approaches to peace and security or international trade are something new.  In fact the single most destabilizing unilateral act of the XXI Century may have been the invasion of Iraq of 2003.  Unilateral sanctions have been with us for decades. Unilateral trade retaliation has been going on in spite of the existence of GATT or WTO.  

6    If multilateralism, as embodied by the UN and the Bretton Woods institutions, survived the Cold War and the unipolar moment, there is no structural reason why it should be incompatible with a multipolar world. It may seem we are heading towards a new kind of bipolarity. But a more careful observation will reveal the capacity of other actors, individually or in coalitions, to advance or block certain agendas by working together. These actors include established powers, such as the large European economies, Japan and the Russian Federation, as well as new or so-called "emerging" powers in the developing world. In strict military terms we may be in a geopolitical environment in which only a handful of players can determine outcomes. But in economic terms power is more widely distributed, and as regards diplomacy there are numerous manifestations of multipolarity in today's world.    

7     Multilateralism has already delivered important results in the XXI Century. The consensus 2030 Agenda on Sustainable Development and the Paris Agreement on Climate Change are noteworthy examples. It is also worth noting that neither of these achievements were led by Washington or Beijing. In the first case both powers joined in the final consensus. In the second, the Obama administration signed the Paris Agreement, and only under President Trump did Washington decide on a different course. It is therefore possible to say that among the major players there is either a willingness to cooperate multilaterally on issues of universal concern (China, Russia, EU and others), and that even those governments who display a unilateral predisposition rule over societies in which a significant portion of the electorate supports international cooperation through multilateral approaches.   

8     In other areas calling for international cooperation the picture is less encouraging. When it comes to peace and security, there is a widespread perception that neither the existing  mechanisms are adequate (UN Security Council) nor is the conceptual framework satisfactory.  But there is also a sense that Chapter VII of the UN Charter represented a  step forward for Civilization, to the extent that it ruled out the use of force except in self-defense or as authorized by the Security Council. Long overdue additional steps will involve enlarging the membership of the Security Council and circumscribing the scope for resort to the veto by permanent members.             

9     Conceptually, there have been increasing calls for admitting intervention to curtail cases of mass atrocities, genocide or ethnic cleansing, when other non-coercive efforts have failed.  The debate on R2P (responsibility to protect) and RwP  (responsibility while protecting) points towards this direction.  These concerns may be seen as a drive to include under the umbrella of the Security Council new provisions relating to a sense of "collective responsibility", in addition to a purely "collective security" perspective.

10     No doubt the challenges posed by global pandemics and climate change also call for a sense of collective responsibility.  However, it would be unwise to introduce them into the Agenda of the Security Council for two main reasons: 

          (a) none of the remedies which the Council can prescribe will help to address those challenges - neither peace keeping operations, nor sanctions or military interventions have a major role to play, except in specific conflict areas - where indeed cease-fires are of paramount relevance;

          (b) to place topics of such universal interest in the hands of a body of limited membership, in which five permanent members wield veto power, would be tantamount to hijacking issues from the General Assembly, the most inclusive and democratic multilateral forum at our disposal. 

11     The General Assembly is also under pressure to streamline an agenda that is too broad, lacks focus and has become unwieldy. No doubt a revived multilateralism will need to propose a narrower, more result oriented, list of priorities for the GA to acquire renewed prestige and authority. 

12     Current IMF and World Bank weighed voting rules are viewed as anachronistic by the BRICs and other emerging actors for justifiable reasons. The WTO is being prevented from exercising its dispute settlement role due to its consensus rule, which gives veto power to any individual member. The time has come to review such procedural aspects of governance that contribute to a sense of paralysis.  On the other hand, the expansion of the G-7, which became the G-20 after the 2008 economic crisis, revealed a collective capacity for more inclusive coordination on economic and financial matters, in line with a more multipolar international environment.      

13    These thoughts are an attempt to provide an answer to the questions outlined in the first paragraph above. Multilateralism may be in disrepair and in need of an overhaul, but it remains alive. The multilateral institutions created in the aftermath of World War II continue to provide an indispensable venue for international cooperation on a wide-range of issues. The UN is producing results in several areas, from sustainable development to climate change. The WHO and other specialized agencies provide valuable assistance and help to coordinate responses to common challenges   At the same time, it is undeniable that in several key spheres, including peace and security or international trade, unilateralism has placed the UN and other organizations under considerable stress.     

14     It is also possible to argue that there is sufficient international support for preserving the essential tenets of multilateralism. China, as the world's major rising power, does not seem intent upon replacing current institutions with new ones, even as it promotes regional initiatives such as the Asia Development Bank or the One Belt One Road project. On the contrary, it appears interested in assuming greater responsibilities within the existing UN system, by presenting candidacies to several high profile positions.  Notwithstanding the Iraq war, and other unilateral attitudes assumed by the United States in the XXI Century, American society is not unanimously against international cooperation within multilateral arrangements as such. Other major players in the developed and developing world are, broadly speaking, supportive of enhanced international cooperation, even when avoiding the word "multilateralism" . 

15    As the international community acknowledges that international cooperation is fundamental to confront universal challenges, the coronavirus pandemic can add to the awareness raised by global warming, the fight against Terrorism, a review the pros and cons of globalization, inter alia, to help trigger a collective drive towards enhanced international cooperation.  Such a process should build upon the many important achievements of the past, while embracing ambitious reform agendas both in terms of governance as well as substance. There is scope for regenerating the UN General Assembly, through the establishment of an agreed set of priorities. Security Council expansion and reform is long overdue. Voting procedures at the IFI's and WTO may have outlived their usefulness.  A gradual reform process that tackles those issues is not an unrealistic proposition. 

 16   How can the two major powers, US and China, become engaged in this process? The Leaders for Peace have placed emphasis on outreach to youth and women. These efforts could offer a starting point.  Twenty five years after the "Beijing Conference on Women: Action for Equality, Development and Peace", a debate could be envisaged involving groups engaged in the promotion of gender equality in both countries with a view towards renewed international cooperation in the XXI Century.  A similar effort could be deployed to attract youth representatives from China and the US for discussions around issues of global concern.  

17.   The utopia of a post-hegemonic world of enhanced cooperation around common values and objectives may remain a mirage for the forseeable future.  But the inspiration sought to keep alive the vision of a more peaceful civilization for mankind requires tapping into the resources provided by culture and academia. In this respect, there will be much to be gained by listening to intellectuals whose messages match those of our group.  One such individual is the franco-lebanese author Amin Maalouf, whose "Disordered World" remains a seminal work. 

 

18.  Two additional  thoughts come to mind as important elements in our effort to reunite the international community around collective aspirations.The first implies differentiating between globalization and international cooperation. A critique of globalization, with its positive and negative consequences has become a necessary undertaking, as the world witnesses the economic, social and political impacts of rising inequality within and among nations. There have been winners and losers in this process; the benefits have not been evenly distributed. But a pause for reflexion need not be incompatible with an agenda for improved international cooperation.  On the contrary,  a resumption of cooperation, under a new more democratic spirit, will greatly benefit from a collective evaluation of the pros and cons of globalization as the world has experienced it for the past few decades. Secondly, it is worth bearing in mind the high levels of military expenditure worldwide as the international community tries to grapple with the most serious economic downturn in a century.  Is it acceptable that, according to SIPRI estimates, 1, 9 trillion US dollars be annually spent on weapons?                       

 

Africa

1      Even as Africa undergoes rapid demographic, economic and social change, it continues to face multiple security, environmental and governance challenges.  The Continent deserves priority attention from the Leaders for Peace as a part of the world where conflict is still rife in many of its regions and millions continue to subsist under extreme poverty. Coronavirus will further disrupt the fragile economies of many African countries, with additional potential for instability.

2     On the other hand Africa has been able to create effective coordination mechanisms, that find no parallel in other parts of the developing world.  The African Union is a functional organization with a respected Peace and Security Council that has been instrumental in withdrawing legitimacy from undemocratic regimes. With the establishment of a Continent wide free trade area, Africa demonstrates its commitment to closer economic and infra-structural integration.  

3     A new partnership with African countries implies replacing attitudes inherited from colonialism, or donor/recipient mindsets, that fail to recognize the win-win nature of a prosperous, democratic, peaceful Continent for both Africans and non-Africans.  

4     An anti-Covid 19 Fund has been proposed by the AU, which deserves international support as it enlists scientific research and public health expertise to fight the coronavirus, with the Pasteur institute in Dakar, Senegal, at its core.            

5    Outreach to young Africans can be undertaken through initiatives that tap into established networks. The United Nations Special Representative on Youth, whom the Leaders for Peace visited last January, can help to identify leading personalities and organizations in this regard.       

6     As a new generation of Africans prepare themselves to shape their region's destiny, educational matters deserve special attention.  Strategies for sustainable development and improved governance will not emerge in the absence of quality education.

7     Weapons transfers to Africa have been igniting and prolonging conflicts, often with  foreign interference. Neither peacekeeping efforts undertaken under the aegis of the Security Council nor the "silencing the guns" initiative led by the AU will succeed in the absence of observation by all of existing arms embargoes and curbs on the introduction of arms into the region.

 

8.    This year marks the 20th anniversary of the adoption of resolution 1325 on Women, Peace and Security which addresses the impact of war on women and the importance of women's full and equal participation in conflict resolution.  From the outset this was an initiative that relied on strong African support, with a leading role played by Namibia.  Several African women deserve credit for promoting peace and understanding throughout the region, including Graça Machel from Mozambique,  Louise Mushikawobo from Rwanda, Ellen Johnson Sirleaf from Liberia, Nkosasana Dlamini Zuma from South Africa. African male leaders are also increasingly engaged in the promotion of gender equality.  Good practices in amending discriminatory laws, advancing women's rights and involving women in peace efforts deserve to be acknowledged and brought to the attention of a wider public.

9.     Burkina Faso can provide a good entry point for an understanding of the intertwining security, economic, social and environmental dimensions of the challenges facing many African countries today. The Peace Building Support Office (PBSO) at the UN, under the guidance of Oscar Taranco, has considerable expertise regarding the current Burkinabe situation and may provide valuable assistance in this regard.                                                                     

10.     Africa has a rich literary, musical, artistic culture that has often influenced other parts of the world, as can be easily captured in Picasso's Demoiselles d'Avignon or in jazz and samba. Laureates of the Nobel Prize for Litterature include Wole Soyinka from Nigeria, Naguib Mafouz from Egypt, John Coetzee from South Africa. An African revival cannot overlook these vibrant cultural roots and expressions.      

Marine DUPONT

Martha Isabel PATI RUIZ CORZO

RAPPORT 2020 LEADERS POUR LA PAIX

Commentaires de Madame Martha Isabel RUIZ CORZO

Directrice du Grupo Ecologico, Prix Wangari Maathai 2014 – Mexique

 

 

We reached the point of no return, we sensed it but we did not expect such a masterful blow to reach the core of our system; the world changed for much worse, this is here to stay is not just a matter of health, it´s society falling apart. The associated externalities are of incalculable dimensions affecting not only the economy but the quality of life, education, the great impetus for a decadent society, its sick association with the obscure businesses behind the pandemic.
How many levels of being: emotional, affective, childhood growing under fear, segregation, lack of social contact?  How many situations and recreational spaces have we lost? Will we see everyone behind a mask, confined to seclusion? The impoverishment of society is in every way a loss of freedom. Collectively we enter a new shadow of unpredictable consequences in this pandemic-world.

Multilateralism needs, without a doubt, a commitment from the powerful of the planet. A commitment to face down a constellation of dark leaders and businessmen, nationalists, separatists full of hatred, breaking the ties of society, sowing antagonisms and resentment, leaders who are not willing to think Beyond their power agenda, ready to sell every last drop of integrity, exchanging the well-being of humanity for copper coins, risking everything and dealing a low blow to the System, to modernity, breaking its spinal column. Who can we expect to make a commitment to change if blindness prevails due to an excessive ambition of the ruling class of the planet? The decreasing authority of the institutions at the global level, at the national level, makes it seem that there was a single voice of command. I do not understand where this support will come from, which will regain validity and open the door to dialogue and cooperation between countries.
 Where are those global leaders who take on the tremendous challenges? That they have the strength to counteract the shadow that surrounds our society, that they understand the climate emergency as the central problem, the always ignored Mother Earth and the decline of their ecosystems and with them the loss of services that the natural infrastructure provides to this demanding society that is a voracious consumer of natural resources. Africa has a poverty rate of 84.5% of its population and like other continents, severe educational and economic disparities. Population growth rates continue to pose persistent problems for development efforts in Africa. The population is expected to double approximately by 2050. This will add 1.2 billion people to the 1.3 billion currently living on this continent. And their deserts advance on agricultural land at a rate of 6 to 7 million hectares per year, affecting the livelihoods of 60 million people and this has affected 80% of their grasslands, plus the deforestation that each year eliminates 4 million hectares of its remaining forests. And it is a continent with high vulnerability to climate change, with effects already present such as heat waves, droughts and atypical rains.

 

When opportunism and corruption consume the politicians, this translates into tremendous humanitarian deviations. We need a tremendous degree of reflection on the decomposition of society, although within each individual there is solidarity - there are many efforts that do not reach their destination. Civil society must play a more leading role with governance built from the bottom up, with authentic values of common good, and with the versatility and persistence that characterizes us, involving forces such as a wave of passion or love for a cause which generates an additional force. As weavers for freedom with which society and entrepreneurship can mobilize, jumping bureaucracy and borders of the conventional System toward something more creatively responsive and resilient.

Talking about disease is not the same as talking about Health that enters through the mouth, real organic food, not junk food nor dependence on the pharmaceutical industry. A system based on making society sick is not the same as a health system and this cannot occur in contaminated environments and food poisoned by agrochemicals. Your food is your health and that is something totally ignored - our system is a bad administrator of disease, a business plan based on the decline of the potential of the human being.                                                                                 .                                                                                             

 The global economic model must put natural resources first, the advanced climatic emergency of the biosphere, with ecosystems as its natural infrastructure that provides numerous services to our fragile house and its demanding and abundant society. We need a plan that understands that resources are finite and that everything we extract from the planet is returned to us as pollution, beware! The Earth is a closed system, nothing enters nothing leaves, only sunlight. We will be attentive to the next catastrophic news that will hit our society, while we mobilize all possibilities to act from the trenches with the people, seeking to strengthen regional resilience, promoting a regenerative culture among society.
The green growth behind the large renewable energy transactions is more of the same with a vision of gray agenda, mobility and energy efficiency, green business. Little is said about the planet's regenerative capacities, restoring ecosystems, economically valuing hydrological, carbon and pollination services, not to mention hurricane mitigation and climatization. The regenerative management of soils and forests, mangroves and jungles, training for producers and technicians in organic techniques, monetizing carbon footprint reduction services, alleviating poverty, the best formula for the development of rural communities who own the natural resources. An urgent solution has to be promoted, an economy that finances conservation.

Marine DUPONT

Kanwal SIBAL

RAPPORT 2020 LEADERS POUR LA PAIX

 

Commentaires de Monsieur Kanwal SIBAL

Ancien Secrétaire aux Affaires étrangères de la République de l’Inde, ancien ambassadeur d’Inde en France – Inde

 

The Covid-19 crisis will reinforce the already existing trends against multilateralism, even when the need of the hour is to combat the virus collectively through greater cooperation. President Trump’s America First thinking, belief that the multilateral order that the US helped create had worked against US interests as others took advantage of it and left the country weakened, determination to reduce the burden on America to uphold the global order and insistence that other countries share it, cynicism about the UN, and his anti-globalisation and protectionist thinking had already damaged multilateralism. The grave consequences of the Covid-19 pandemic for the international community as a whole will intensify the tendency to look for more national solutions to challenges that have arisen.

 

If multilateralism had earlier received a blow from from US policies under Trump, it is poised to receive a further blow because of the deepening US-China rivalry. The US was even earlier becoming cognisant of the Chinese challenge and had identified China as a strategic threat. The economic and social cost that America is bearing because of the pandemic has exacerbated anti-China sentiments in the US. If China, the source of the virus, and the US its biggest victim are unable to work together to deal with it, a multilateral effort to do so will be difficult to organise.

 

The question about the origin of the pandemic has become a very contentious issue, with the US insisting that it should be attributed to China and China opposing this vigorously. The G 7 could not issue a joint statement on the crisis because the US insisted on referring to it as the Wuhan virus and the others demurred. For them, the immediate need is to combat the pandemic and play the blame game later. The UN Security Council has not been able to address what is certainly a grave threat to international security because of continued US insistence that its origin should not obfuscated. The G 20 held a video-conference on the issue, where the issue of the pandemic’s origin was papered over, but the statement does not lay the basis of a concerted combined effort by representative members of the international community. It is more declaratory, with responsibilities to be borne by individual countries.

 

The controversy of the role of the WHO in the handling of the crisis and the perception that it was manipulated by China is another blow to multilateralism as it targets a body that has hitherto done  good work. The US has withheld funding to the organisation for the time being. The Japanese Foreign Minister has called the WHO the China Health Organisation- the CHO.

 

Globalisation is going to receive a further blow because of the pandemic. A re-ordering of global supply chains to reduce dependence on China is bound to occur over time. A single country over-dependence, especially in the health sector, has been exposed by the pandemic. Countries will now seek to shift production on-shore in critical areas or to other countries, and look at shorter regional chains. This will be a slow process but an inevitable one. Japan has already announced a $2.2 billion fund to assist Japanese companies to relocate out of China.

 

While the need for multilateral solidarity to deal with the pandemic is clear, US accusations against China for mishandling the disease in its initial stages and China’s robust response disowning even the origin of the virus, much less mishandling it, has set the stage for a bitter confrontation. The suits filed against China in US courts will not help in lowering US-China tensions which, in turn, will hamper multilateral solidarity.

 

Europe is in disarray over the crisis, with Italy, France, Spain and the UK being very severely affected, countries in the EU closing borders, delay in finalising an EU financial package to deal with the pandemic, complaints from Italy or Hungary about lack of timely EU assistance, and so on. Europe is hardly in a position to take the lead in building a multilateral coalition to deal with the pandemic until it can address its internal strains. With the economies of Europe gravely hit by the virus and looming recession not only in Europe but the world at large, a meaningful multilateral economic package to assist countries in distress, including in Africa, will not be easy to put together.

 

Beyond this, European leaders are voicing concern about China’s handling of the crisis, with president Macron pointing to lack of information about the crisis and questioning China’s handling of it, UK Foreign Secretary Raab stating that hard questions will be asked of China with which it cannot be business as usual in the future.

 

Australia too has asked for China to be held accountable.

 

Ambassador Vimont’s report lays out comprehensively and with great clarity the reasons for the weakening of multilateralism and the tension between multilateralism and power politics that has marked the international scene. While it may not be a return to the past, as one scenario that the  ambassador posits, multilateralism will still be trapped by its contradictions. A struggle for influence among the great powers will continue, in which middle ranking powers would want to have their say, either on their own or as part of regional or plurilateral organisations on issues such as the reform of international institutions and global governance.

 

It is unlikely that any one great power will be able to impose its vision of multilateralism by taking advantage of the opportunity created by the current crisis. US and Europe would need to unite to infuse fresh life into multilateralism based on democracy and other liberal values that they espouse. But this will be resisted, as those who would oppose such a vision are now stronger. However, the latter have not become strong enough to impose their vision which suffers from an intrinsic contradiction as it combines authoritarianism and opaque governance at home and advocacy of liberal institutions and openness at the international level. Moreover, military superiority is necessary to impose one country’s vision of multilateralism on the world, which China as well as Russia lack. Therefore, a prolonged competition and strong tensions between the main actors within the multilateral order should be the likely scenario. More so as China has a declared vision of ascending to the top of the world order, with set timelines,  through instruments such as the Belt and Road Initiative , building  constituencies in developing countries, especially in Africa, and bids to occupy key posts in the UN system.

 

The establishment of “renewed multilateralism” at the initiative of a select group of powers is the least likely scenario. Identifying a group of friends of multilateralism is possible, but as this will leave US, China and Russia out- even though China and Russia are votaries of multilateralism- the ability of such a group to effectively impose its vision is highly doubtful. A UNSC reform is most unlikely in the foreseeable future, even if the European permanent members support it. US and China will be major obstacles. A pragmatic approach would be a practical one, but positive results in reshaping the global order will be long in coming.

 

Health must be given the highest priority as ambassador Vimont’s report rightly says, covering research, production of PPEs, sharing of experiences and good practices. Raising financial resources to support the poorest countries would be essential. A reform of the WHO would be required for this. The economic consequences of the crisis will require very close international cooperation, but with stressed national economies and a global recession in the offing, the challenge will be severe, especially in the context of big power rivalries that will continue. The role given to China, as both the originator of the crisis and the resources at its command to reignite economic activity and restore market confidence, will have some political aspects that may not be easy to handle if accountability from China is sought and dependence on China has to be diluted.

 

Pragmatically rectifying the  excesses of globalisation and offer solutions for the imbalances that have appeared during the current crisis is going to cost some economic actors and will require major adjustments on their part. How will burden sharing be done in this respect, will be the question. The “digital challenge”, as it gets related to the issue of deprivation of freedom, would raise the question of the kind of a surveillance state that China has built, which is tied up with internal political management in China and the role of the CCP.

 

Preventive action raises many issues that would be difficult to resolve without an effective UN system. “Sovereignty multiplier” would be resisted as a concept, whatever its logic, as it opens to doors to powerful countries to interfere in the internal affairs of countries. It also raises the question of the responsibility of external actors in creating domestic instability in a country, essentially a developing one.

 

The contribution of the African Union in handling crisis in Africa does show the utility of the regional dimension of mediation efforts. Encouraging consultation between the most influential leaders of a region is inherent in regional organisations, but it does not always work as we have seen in the South China Sea, for instance. It is difficult to encourage such consultation from the outside.

 

 

Whether Africa can be treated as one coherent entity, without distinguishing between Africa north of the Sahara and that south of it, is always an issue. Is there an “African problem” that covers the entire continent from the Mediterranean to the Cape of Good Hope?

 

Attitudes towards Africa by non-Africans are not uniform. Those of ex-colonial powers fall into  one category and those of others, not burdened by that kind of history, fall into a different category. Condescension would not adequately describe the attitude of all countries towards Africa. It is hardly the case with attitudes towards Arab Africa.

 

The African continent does not have a permanent seat in the UNSC . Africa has not so far been able to decide on its candidates for the UNSC as and when the expansion of the UNSC becomes a realistic possibility.

 

Decisions on security issues pertaining to Africa are still taken by the western powers primarily, as they dominate UN institutions, though China has become a major player in Africa and is now economically involved in the continent in a big way, be it in infrastructure building, mining, investment, financial aid, and so on.

 

While not having a permanent membership Africa though the OAU exerts a lot of weight in UN affairs because of the voting bloc the OAU constitutes, even if this weight is primarily felt in UNGA resolutions and elections to UN bodies.

 

India too holds India-Africa summits. It has served as a good platform to engage African leaders as a whole, with positive results, even if limited, given the scale of Africa’s needs and resources at India’s command. Nevertheless, in the area of capacity building, training, education, health, IT and agriculture, the results have been fairly satisfactory. Military training, including in peace keeping operations, is a feature of India-Africa engagement.

 

The “Northern monologue” is not a feature of India-Africa relations , for instance.

 

International solidarity with Africa free of national interest, drastically re-arranging African debt, are issues that have inbuilt challenges.  Geo-political competition in Africa, especially with China’s penetration of Africa, is a reality. Traditional partners of Africa see this as a challenge. China is Africa’s biggest creditor. In any action action programme under the aegis of the UNSG, going beyond the struggles of influence between powers will require a change in thinking by all because so far countries have preferred to engage with Africa in their assistance programmes on a bilateral basis in order to earn maximum bilateral goodwill.

 

On the issue of addressing a major vulnerability faced by African countries, namely, an effective model of governance, will it be a liberal model based on democracy, constitutional reform, the electoral system etc. espoused by the West or a more authoritarian model, politically and economically, that China believes meets the need of developing countries better?

 

At its core, the issue is one of seeking to condition relations with African countries on the basis of how they govern themselves internally. This of necessity means interference in their internal affairs. If the partners of Africa totally ignore issues of internal governance they indirectly countenance corruption, arbitrary use of power, suppression of freedoms of the population, but, if, on the other hand, they make relations dependent on internal, inclusive governance reforms it is seen as interference in the political affairs of countries and disrespecting their sovereignty. Judgments on adhering to the rule of law can be seen as arbitrary. How to strike a balance is not easy.

 

Marine DUPONT

Assia BEN SALAH

RAPPORT 2020 LEADERS POUR LA PAIX

Commentaires de Madame Assia BEN SALAH

Ambassadrice itinérante de Sa Majesté le Roi du Maroc – Maroc

 

Tout d’abord, je partage largement le constat que Pierre Vimont décline avec force détails, sur les dysfonctionnements structurels d’un système multilatéral global obsolète, de plus en plus décrié et qui semble voler en éclats sous l’épreuve de la pandémie Covid-19 et de son corollaire la tempête économique et sociale planétaire.

Cette crise inédite a, en effet mis à nu l’incapacité du système des Nations Unies à y faire face et a levé le voile sur l’ampleur du refus du multilatéralisme dans son ensemble.

Alors que la coopération apparaît à tous comme un besoin vital face à la crise, la panne de leadership pour l’incarner et la porter est probante.

L’on pourrait certes disserter sans fin sur les raisons de l’incapacité du système multilatéral à se réformer malgré les multiples tentatives. Ce qui est sûr c’est que pour le sauver, il est urgent et impératif de le rénover.

I / Cette rénovation nécessaire soulève deux questions majeures, liées du reste : COMMENT et QUI pour mener à bien cette tâche titanesque ?

A/ Le Comment bute sur l’ampleur des divergences et sur les immenses incertitudes génératrices de « l’épidémie de la peur ». Cette dernière est certainement la caractéristique la mieux partagée dans cette crise, tant sont rares les Giono qui « {ne cèderaient} rien à la peur », comme le recommande l’auteur « {du} Hussard sur le toit ».

Tout en effet incite à la prudence, alors que les réponses doivent être rapides, robustes voire audacieuses grâce à « la coopération entre états et le soutien des plus fragiles » comme l’affirme Jean Tirole, prix Nobel d’économie.

  • Malgré les efforts sans précédents à l’échelle planétaire, les tâtonnements de la recherche scientifique, qui s’inscrit forcément dans le temps long, persistent. La férocité et l’avidité de la compétition risquent de compromettre l’équité et la solidarité, vertus cardinales des thérapeutiques et des vaccins à développer, nécessaires à leur efficacité même à l’échelle globale.
  • Les nombreux paradoxes de la situation posent aussi question : des montagnes de liquidités, une économie au bord de l’abîme, mais des marchés financiers robustes ! En perspective, plus d’inégalités entre les individus et plus de concentrations de grandes firmes -déjà en cours- et bien sûr un surendettement généralisé, insupportable legs pour les générations futures.
  • Sans entrer dans les méandres de l’hyper-complexité de la gouvernance globale, des « modèles » différents, voire antinomiques sont bien plus dans la compétition que dans la recherche tant d’un plan global de sortie de crise que pour une relance vigoureuse qui serait forte des nombreuses leçons engrangées !
  • Impérieux pourtant, est le besoin de nouvelles règles communes pour rénover des institutions universelles, incontournables pour un fonctionnement cohérent des activités internationales pour la  survie de l’humanité « confinée » sur la  planète Terre.

B/ QUI donc pour mobiliser en faveur du renouveau du Multilatéralisme ?

À l’évidence, la crise est globale et les réponses ont été d’abord nationales, dans la dispersion voire « l’égoïsme » ! L’absence de leadership laisse place à la confrontation / compétition au sommet, entre les États Unis et la Chine, qui met le monde au bord d’une nouvelle « guerre froide ». L’ensemble du système multilatéral semble ainsi pris en otage, hypothéquant par là- même les maigres avancées potentielles.

1/ Comment sur cette toile de fond, infléchir la position des états en faveur d’un renouveau du Multilatéralisme ?

a/ Quelle emprise, tout d’abord sur les politiques des deux grandes puissances pour les inciter à coopérer ?

  • D’une part, les positions du Président Donald Trump, d’un unilatéralisme débridé sont bien connues. Peut-être  pourrait on faire remarquer que « le changement d’ère » inauguré par cette présidence est bien plus dans le style particulier de pousser à outrance « l’exceptionnalisme » Américain, grâce à l’approche « America first » vers une « America great again ». Objectif, largement compromis par les profondes fractures et les violences qui déchirent la plus grande puissance du Monde.
  • Sur le plan international, la réserve diplomatique n’est plus de mise. Bien plus, la démarche cherche à détricoter tout le système, initialement mis en place sous le leadership Américain, mais aussi l’acquis des règles communes du multilatéralisme, élaborées depuis 1945, souvent âprement négociées!
  • Le tsunami des retraits des États Unis de nombre d’Institutions internationales met celles-ci parfois au bord de la paralysie. Le dernier en date de l’OMS, le 30 Mai pose une problématique nouvelle pour ces institutions, à savoir la « tutelle » potentielle d’un privé, dans ce cas de la Fondation Bill Gates, objet croissant lui même d’une polémique déchainée.
  •  Bien plus dangereux pour la paix et la sécurité internationale, sont le retrait de la première puissance militaire, annoncé le 21 Mai, de l’accord « Open Skies » et l’absence de perspectives de renégociations des « New Starts » pour réduire  les armements. Tout comme, celui de l’accord de Paris, compromet  gravement une lutte si difficile contre le changement climatique pour la survie même de l’humanité sur la planète.

De surcroît, cette pratique rend dans le futur, singulièrement difficiles, voire impossibles les négociations d’accords juridiquement contraignants.

La crise de la Covid-19, marque paradoxalement l’abandon singulier par « la première puissance » de tout leadership pour mener la bataille sanitaire comme en 2015 contre le virus d’Ébola, et pour orchestrer les réponses à la récession économique mondiale, comme lors de la crise financière de 2008.

Par ailleurs, le Président Trump a peut-être trouvé dans les accusations contre la Chine- au delà de l’effet diversion de sa gestion de la pandémie -  le point d’orgue de sa pré-campagne pour être réélu?

L’on pourrait nous interroger dans quelle mesure un retour, le six Novembre prochain  des Démocrates au pouvoir changerait la donne, tant l’image du multilatéralisme est mauvaise auprès de l’opinion publique Américaine et  grandes les inconnues de la reconfiguration des pouvoirs aux USA et ailleurs ? (voir les scénarios ci dessous.)

* D’autre part,  dans ce bras de fer, la Chine, bien plus assertive de XI Gi Ping ne semble vouloir perdre ni la face ni la guerre commerciale. Galvanisée par l’ambition de conquérir la première place sur l’échiquier international, à l’horizon 2049, ses stratégies ont tout à gagner du  Multilatéralisme, que certains la soupçonnent de « manipuler » à cette fin.

Il lui reste pour le moment, à faire oublier son « rôle », de plus en plus décrié, dans l’expansion de la pandémie et surtout à gérer, sur fond de tensions extrêmes la baisse vertigineuse prévisible de la croissance de « l’atelier du monde », sinon déserté pour le moins boudé ?  Mais il faudra à une Chine affaiblie, donner plus de gages de son multilatéralisme. (voir scénarios plus bas)

Jusqu’où pourrait elle aller pour gagner en crédibilité multilatérale et aussi Africaine ? Un grand défi consisterait à la persuader d’aller bien au delà du soft-power de sa diplomatie des « masques », pour consentir à l’Afrique, en mal de liquidités un soutien financier  très conséquent pour que le Continent puisse faire face à la grave crise économique et alimentaire annoncées, sans pour autant alourdir davantage sa dette.

b/ Renforcer tout le système des NU

Prolongement naturel des états et théâtre de leur coopération/ compétition- consignes de vote à respecter oblige- le système des NU semble de plus en plus impuissant :

  • Un Conseil de Sécurité bloqué, comme l’a démontré son incapacité à prendre une résolution sur la Covid-19 et peut-être encore plus demain, si la guerre froide Amérique /Chine s’installe.
  • Un Secrétaire Général, dont l’activisme et l’appel au cessez le feu, réitéré ne changent guère la donne des conflits sur le terrain. L’on voit même l’intensification de certains, comme en Lybie et la résurgence des attaques de groupes terroristes, en Afrique notamment.
  • Des institutions spécialisées, démunies voire au bord de l’asphyxie.

Néanmoins une dynamique vertueuse n’est pas à écarter dans une période transitoire, si « les croyants » au système multilatéral se mobilisent:

  • Sensibilisations tous azimuths, pour tout au moins combattre les périls communs!
  •  Mobiliser des états « like-minded »  autour des enjeux partagés à sauver;
  • Développer plaidoyers/ lobbying pour tenter d’infléchir les positions des récalcitrants autour des questions urgentes prioritaires;
  • Lever certains « malentendus » et dénouer des blocages « mineurs », pour avancer ;
  • Tenter d’intégrer graduellement des différences tenaces, qui survivent parfois à de très longues négociations ? Un travail de longue haleine qu’il faudra soutenir dans le temps.

c/ Les réponses régionales, peuvent elles constituer les moteurs pour ce renouveau ?

1/ L’Europe, apparaît comme n’avoir d’autre choix  que le multilatéralisme pour exister entre les USA et la Chine. Peut-elle, après la dispersion initiale, dépasser ses propres divergences, pour fédérer ? Il faudra attendre la réponse prévue pour Juillet, notamment des quatre États riches dits « frugaux » (Autriche, Pays Bas, Danemark et Suède) au  plan de relance robuste qui fait de la Commission le détenteur de la dette astronomique à lever -750 Milliards d’Euros- pour relancer l’économie et soutenir les membres les plus touchés.

 

Cette démarche  inédite pourrait si elle est validée, conforter la crédibilité de l’UE pour rassembler plus de pays que les 60 qui ont répondu à l’appel de la France et de l’Allemagne en 2018, pour remettre en selle le multilatéralisme.

L’Europe pourrait peser encore plus, si elle réussit à organiser son autonomie stratégique et sécuritaire, à instaurer des relations plus équilibrées avec sa frontière Sud-méditerranéenne et le partenariat ambitieux qu’elle souhaite mettre sur pied avec l’Afrique.

2/ L’Afrique, quant à elle semble à priori trop dépendante et à la marge,  pour constituer à elle seule  le moteur requis pour servir de test pour le renouveau du multilatéralisme, comme proposé par le rapport. Néanmoins, si elle réussit les changements structurels politique et économique nécessaires pour une bonne gouvernance et la libération des énergies pour valoriser ses nombreux atouts, le continent des jeunes pourrait bien créer la surprise. (Voir plus bas)

 « Objet », en effet bien plus qu’acteur sur la scène internationale, l’Afrique semble, plus que jamais, le théâtre de confrontation /compétition entre les États Unis et la Chine  et aussi de puissances moindres, tant pour les matières premières et terres arables que comme marché prometteur.

Ses relations avec l’Europe, demeurent complexes, du moins avec les pays ex-colonisateurs. Pourront elles, pour se « normaliser » relever les immenses défis comme veulent le faire ensemble l’UE et l’UA ? Pourront elles, établir dans les faits un partenariat « équilibré », vœux de tant de sommets et mettre en œuvre des stratégies conjointes dans de nombreux domaines prioritaires,  comme le recommande le « High level Panel » mis sur pied suite au sommet Europe Afrique d’Abidjan (2017)[1] ? Il faudra attendre le prochain Sommet (de Novembre ?) pour un début de réponse.

d/  Les Sociétés civiles s’imposent de plus en plus comme acteurs incontournables des nouvelles réalités sociétales. Si à l’évidence, elles ne sauraient se substituer aux États, elles doivent être mieux éclairées sur les enjeux réels et les bénéfices d’un multilatéralisme amendé, loin des clichés qui le ternissent. Leur soutien viendrait alors consolider sans nul doute la légitimité de celui-ci. Il s’agit d’installer la nécessité du dialogue et de la concertation comme vecteurs de paix, au cœur des sociétés. Pour être audible, cette pédagogie de longue haleine, devra insister sur la nécessité de rénover le multilatéralisme, l’adapter aux nouvelles réalités et fournir quelques pistes pour faire renaître l’espoir.

e/ Comme rêvent certains, l’on pourrait après cette épreuve dramatique de la Covid-19 penser à la relance du multilatéralisme autour de biens communs de l’humanité?

  • Les origines et développements de la crise sanitaire nous imposent, en effet de porter un autre regard sur l’écologie, la biodiversité, le changement climatique et le développement durable. Planche de salut pour poursuivre l’aventure de l’humanité sur cette planète, ces domaines hélas, demeurent perçus par les « productivistes », comme un frein et objets de déni de la part de beaucoup. La crise de la Covid-19 devrait pourtant convaincre des producteurs et consommateurs traumatisés, de faire de ces thèmes le moteur du changement, comme le soulignent une littérature prolifique consacrée aux relances « vertes ».
  • Les nouveaux domaines, entre autres le numérique, l’Intelligence artificielle, la robotique, etc.. détermineront largement aussi nos modes de vie futurs.  Au cœur de la compétition entre les différents modèles dominants, leur meilleure régulation grâce à un multilatéralisme rénové, fournirait la garantie d’un fonctionnement sinon harmonieux du moins plus stable pour éviter le chaos des surenchères et divisions.

Pour conclure cette section, quelques mots sur les scénarios proposés par Pierre Vimont.

L’intensité et la durée tant de la pandémie que de la crise socio- économique impacteront de manières différentes les imaginaires collectifs respectifs de part le monde. L’après Covid-19 laisse percevoir une « normalité » autre, profondément altérée par les bouleversements de la façon de produire de consommer de circuler de nous rencontrer, bref de nos modes de vie.

L’on doit certainement apprendre à vivre avec le virus et avec l’imprévisible pour nous « attendre à l’inattendu » comme le dit Edgar Morin.

Élaborer des « scénarios » apparaît donc comme un exercice particulièrement  périlleux !

  • Il me semble cependant, que le premier scénario et le second proposés par Pierre Vimont ne s’excluraient pas et pourraient coexister dans un système « hybride ». Sans retourner au statuquo-ante, « le multilatéralisme prisonnier de ses contradictions » se continuera peut-être en pire, avec parallèlement une exacerbation de la confrontation États –Unis /Chine, en particulier dans cette période pré-électorale américaine, d’une violence extrême sur tous les plans et si D. Trump est réélu.
  • Le troisième scénario ne me paraît pas réalisable dans une période prévisible tant les incertitudes sont grandes.

Néanmoins, sous la contrainte de la nécessité, des éclaircies pour une coopération internationale plus effective, ici et là ? D’abord dans certains domaines comme les thérapeutiques avérées et les vaccins efficaces quand ils seront mis au point, par exemple? LA PEUR de nouvelles vagues de contamination pourrait dissuader les protagonistes de s’entre-déchirer et de trouver des terrains d’entente pour un meilleur partage au profit de tous. L’on pourrait voir aussi se profiler sous la nécessité de remettre à flots une économie internationale dévastée, un multilatéralisme à géométrie variable avec des ententes ad-hoc autour de certaines questions pour faire « fonctionner la vie » sur la planète.

 

L’on pourrait envisager un quatrième scénario- un multilatéralisme « prudent », si Joe Biden est élu Président des Etats-Unis, le six Novembre prochain.

En bon Démocrate, il souhaiterait renouer avec un leadership de l’Amérique, qui « veut du bien au monde » ?

--- Dans ce scénario, le système multilatéral, qui ne serait sans doute plus la cible d’une destruction programmée par les Etats-Unis, mais qui n’a pas bonne presse auprès de l’opinion publique américaine pourrait retrouver, malgré tout une certaine marge de manœuvre pour se relancer. Un multilatéralisme « prudent », où le  nouveau  Président Américain devrait être attentif à la justice économique et l’impact social du libéralisme  commercial, chers à l’aile gauche du parti qui s’est ralliée à lui.

--- Leadership Américain  retrouvé aussi par un camp occidental, moins divisé grâce à « une certaine » restauration de la confiance si abîmée, où l’Europe ne serait plus la cible d’une hostilité américaine manifeste.  Une détente transatlantique, qui serait certainement confortée par une autonomie stratégique et une prise en charge plus importante par une Europe plus sûre d’elle même, de sa propre sécurité. Une Europe qui serait probablement acculée  à trancher entre l’Amérique et la Chine sur des questions comme le digital !

--- Ce leadership américain de retour, entraverait la montée en puissance d ‘une Chine affaiblie par la séquence Covid-19. Les tensions perdraient peut-être en polémiques violentes, sans pour autant baisser en intensité ! En effet, une politique plus claire des États –Unis contraindrait la Chine, à  entre autres mettre à jour ses  pratiques « dérogatoires » au sein de l’OMC par exemple, pour les mettre en conformité avec l’évolution de son statut depuis son adhésion comme pays en développement en 2001! Outre, la rivalité commerciale et sécuritaire, la dimension des droits de l’homme, chère aux Démocrates serait aussi un sujet de fortes frictions.

II L’Afrique

Pour déjouer le catastrophisme, gagner en crédibilité et gommer les images négatives, l’Afrique doit tout d’abord devenir enfin « adulte » et gagner en autonomie. Pour ce faire, des changements structurels: politique, économique et de gouvernance d’envergure s’imposent.

  • Concrétiser le célèbre appel du Roi du Maroc Mohammed VI « L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique » faciliterait la mise en œuvre tant de l’ambitieux Agenda 2063 que de l’Accord de libre échange à l’échelle du continent, apte à renforcer le multilatéralisme, qui doit entrer en vigueur en Juin, mais qui peine à se préparer  sur le terrain.
  • Les réponses vigoureuses et anticipées des états  et de l’Union Africaine à cette pandémie autorisent un certain espoir.
  • Pour coordonner l’action sanitaire tout d’abord, l’Union Africaine, qui avait déjà en 2019 relancé le CDC, (Center for Disease Control) et renforcé son partenariat avec l’OMS a aligné les meilleurs spécialistes Africains en la matière. Elle a aussi nommé, cinq grosses pointures africaines, du monde de la finance comme ses envoyés spéciaux pour coordonner la riposte à une récession économique sans précédent et le soutien international.
  • En matière de dette, le moratoire décidé par le G20, soulagerait pour le moment les pays les moins avancés, mais nombreux sont ceux qui estiment qu’il devrait être étendu aux pays Africains à revenu intermédiaire.
  • Un des cinq envoyés spéciaux de l’Union Africaine, Tidjane Thiam, ex-président du Crédit Suisse plaide plutôt pour la sortie de l’Afrique du cercle vicieux de l’endettement.
  • Ce sont des investissements substantiels dont l’Afrique aura en effet  besoin pour créer les 18 millions  emplois annuels, nécessaires d’ici à 2035[2] et pour libérer tout le potentiel des jeunes (60% de la population moins de 25 ans) et des femmes notamment.
  • De surcroît, pour éviter que la crise ne s’installe dans la durée après l’épisode Covid-19, le Continent aurait besoin d’1 centaine de milliards de dollars, alors que tous les bailleurs de fonds confondus n’en ont consenti que 44.

Jusqu’à présent, l’Afrique semble plus épargnée par la crise sanitaire, (le 26 Mai : 120 000 cas avec 3550 morts)[3]

Néanmoins, la crise socio-économique est déjà là. Tout semble vaciller : des mastodontes comme Ethiopian Airlines aux vendeurs de rue, avec une recrudescence inouïe de la violence contre les femmes et des groupes comme Boko Haram.  Les pauvres, les femmes – premières soignantes et enseignantes- et les secteurs informels partout importants sont frappés de plein fouet, malgré  la créativité locale, la solidarité et la mobilisation des populations.

Le spectre du « syndrome Amérique Latine », qui verrait une contamination massive tardive de l’Afrique, hante cependant les esprits et accréditerait le scénario catastrophe : Systèmes de santé fragiles et équipements très insuffisants ; pauvreté qui explose ; confinement impossible vue la densité des mégapoles et des bidonvilles environnants ; gestes barrières impossibles à respecter : manque d’eau, de savon et de masques ici et là et partout culture omniprésente de sociétés de partage et de la « raison étreinte » si chère à Léopold Sedar Senghor, où ce sont trois « bises » et non une…

Il est encore trop tôt pour évaluer l’impact global de la pandémie, sur le Continent. Il restera à l’Union Africaine, malgré les réactions rapides à la crise à répondre aux immenses attentes, notamment de la jeunesse Africaine en colère[4] et transformer l’essai,  en inscrivant une gouvernance multilatérale efficace sur le terrain de la réalité.

 

 

[1] Dans la foulée du sommet Europe Afrique d'Abidjan de 2017, la commission européenne, avec le concours de la fondation Mo Ibrahim, de l'organisation ONE du chanteur Bono, ainsi que du Think Tank Friends of Europe, a mis en place une plateforme de réflexion sous la forme d'un groupe de personnalités de haut niveau, afin notamment d'adresser les sujets de l'industrialisation, de l'emploi des jeunes, ainsi que du défi digital. Le groupe s'est réuni à plusieurs reprises à Bruxelles et à Abidjan, et a produit plusieurs documents de référence, dont un rapport sur le partenariat digital Afrique Europe. 

 

[2]  En Afrique, 40% des effectifs recrutés par les groupes terroristes et du crime organisé sont des jeunes chômeurs.

 

[3] Différentes hypothèses sont avancées : Le continent est plus isolé, plus de chaleur, population jeune, expériences des épidémies antérieures, donc gestion précoce de la crise en vue…

[4] L’on saura plus sur celles -ci à la publication des résultats de l’enquête lancée il y’a deux mois à ce sujet par “Afrobarometer”.

 

Marine DUPONT

Eduardo MALONE

 

RAPPORT 2020 DES LEADERS POUR LA PAIX

 

Commentaires de Monsieur Eduardo MALONE

Co-président de Pathé, Conseil Diocèse – Argentine

 

Ce nouveau rapport est dans la continuation de la recherche des voies afin de renforcer le dialogue et l’état de droit entre les nations du monde, les deux piliers du “ multilatéralisme”.

Le multilatéralisme se propage depuis plus de 40 ans, à partir du pacte de partenariat et développement offert en 1978 par les USA à la Chine.

Depuis peu de temps, le multilatéralisme recule progressivement sur tous les sujets majeurs pour les intérêts vitaux de l’humanité. Pourquoi ????

 

Le processus dit “multilatéraliste“ qui s’est mis en place se focalise surtout pour faire progresser la “liberté” entre les nations. Il n’a pas su intégrer à temps ni avec la même force deux effets très négatifs sur les populations des démocraties occidentales à savoir : la diminution de la “sécurité physique“ des personnes et la trop forte montée des “inégalités “. Des déséquilibres permanents et très importants dans les échanges commerciaux entre les nations plus puissantes ont provoqué progressivement le chômage de masse, puis les déficits des Etats, puis la montée des endettements insoutenables, puis la diminution du pouvoir d’achat et enfin la très forte augmentation des inégalités. En même temps, l’ouverture des frontières, insuffisamment gérée scientifiquement, a conduit à une aggravation de la qualité de vie des populations à cause :

a) d’une immigration en forte augmentation, conséquence soit de la destruction des frontières des pays (ex : Irak, Libye, Syrie), soit pour des raisons économiques ou climatiques,

b) d’une insécurité accrue des populations provenant des attentats terroristes,

c) d’une insécurité accrue de la santé et de la vie des populations à partir de l’apparition du Covid-19.

 

L’ensemble de ses déséquilibres ont alimenté pendant un demi-siècle dans des pays très puissants et clés du multilatéralisme (USA, UK, Brésil, Italie...) d’une part la montée des leaders populistes et unilatérales et d’autre part des récentes révoltes violentes des peuples par rapport à l’ordre établi et au modèle de société. Les travaux des réflexions et les actions des Leaders pour la Paix intégrerons surement à l’avenir sa contribution pour identifier et faire connaître les meilleurs moyens afin de diminuer rapidement les effets négatifs cumulés d’un ”multilatéralisme-libéral“ pour un “multilatéralisme-protecteur”.

 

 

Marine DUPONT

Madame TON Nu Thi Ninh

 

RAPPORT 2020 LEADERS POUR LA PAIX

 

Commentaires de Madame Ton Nu Thi NINH

Présidente de la Fondation pour la Paix et le Développement de Ho Chi Minh Ville (HPDF), Vice-Présidente du Comité Vietnam pour la Paix, Ancienne Ambassadrice du Vietnam auprès de l’Union Européenne, Ancienne Vice-Présidente de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale – Vietnam

 

 

1. La sortie du monde de la pandémie Covid-19 ne devrait pas remplacer la guerre froide de la deuxième moitié du vingtième siècle par une nouvelle guerre froide, une bipolarité par une autre bipolarité. La majorité des pays refusent la logique du "ou vous êtes avec nous, ou vous êtes contre nous". Les pays moyens et a fortiori les petits pays opteraient plutôt pour un nouveau non-alignement repensé et recadré, fondé sur une adhésion à une interdépendance saine et durable où ne règne pas la loi du plus fort mais une coopération réellement mutuellement bénéfique. Il faudrait pouvoir pâtir un multilatéralisme réaliste et dynamique, sous-tendu par une multipolarité modulable selon la question, le domaine, le défi, les intérêts en cause.

A cet égard, les puissances moyennes et les cadres d'enga­gement régionaux devraient davantage faire valoir leurs voix et leurs apports. En d'autres termes le multilaté­ralisme réformé devrait être le fruit d'un processus international plus démocratique qui refléterait mieux le monde d'aujourd'hui plutôt que celui de la deuxième moitié du siècle dernier.

 

2. Dans le contexte inquiétant de l'antagonisme Etats-Unis-Chine, il serait peut-être avisé d'inclure dans notre cercle de Leaders For Peace quelques académiques/thinktankers améri­cains et chinois : cela aurait le double avantage de nous permettre d'entendre perspectives et analyses plus réfléchies et détachées venant des deux pôles, et pour eux d'être exposés aux réflexions de personnalités extérieures aux deux pôles.

 

3. Je soutiens l'appel d'Irina Bokova à propos de la pétition lancée par Oxfam pour l'accès gratuit pour

tous au futur vaccin contre le Covid-19, partant de la conviction renforcée par la pandémie actuelle que fondamentalement la santé est où devrait être un bien public, que comme le souligne la pétition

"after all, no one is safe unless we are all safe". Peut-être notre groupe pourrait envisager d'être un signataire collectif. Cela apporterait un signe fort de soutien et soulignerait le message que la paix inclue également la sécurité sanitaire.

 

4. Pour ce qui est de l'Afrique, je me finirai à deux suggestions :

+ Notre groupe pourrait travailler avec l'OMS et l'Union Africaine à bâtir une approche préventive apte à mieux préparer les pays africains les plus vulnérables à affronter la pandémie actuelle ou à venir.

+ Certains pays d’Asie pourraient partager avec ceux-ci quelques expé­riences de réussite, de bonnes pratiques, de leçons à tirer, comme par exemple "pas de one size fits all" ou comme dans le cas du Vietnam ce que le Financial Times appelle une "low cost strategy" mieux adaptée à son niveau de ressources, à la différence de la Corée du Sud nettement plus riche.

 

 

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